Samedi 24 Novembre: Manifestation pour la libre circulation des individus et la régularisation de toutes les personnes sans papiers

La coordination des comités de soutien aux sans papiers organise une manifestation le samedi 24 novembre à 11h au départ du centre commercial Saint Paul, pour la régularisation de toutes les personnes sans papiers et pour la libre circulation des individus.

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Partout en Europe, la crise économique favorise la montée du racisme et du repli sur soi. Face à l’appauvrissement général et à la montée du chômage, les immigrés servent de boucs émissaires et font l’objet d’une stigmatisation politique et médiatique. Celle-ci fait le terreau de comportements racistes voire violents et permet de légitimer les lois répressives et aberrantes en matière d’immigration.
Pourtant la crise frappe tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité, et parmi eux, les sans-papiers sont les premières victimes de l’inégalité dans la répartition des richesses que nous subissons nous aussi. Français/es comme immigré/es avec ou sans-papiers, nos intérêts sont les mêmes et nous n’avons pas à payer pour les banques qui nous étranglent, ou pour les groupes qui engrangent des bénéfices et licencient leurs employés.
Aujourd’hui comme hier, les politiques restrictives en matière d’immigration fabriquent leur lot permanent de personnes sans-papiers.
Aujourd’hui comme hier, celles-ci sont privées de droits, corvéables à merci et maintenues dans la précarité et la clandestinité.
Et le changement : c’est pas maintenant…
La dernière circulaire annoncée par Manuel Valls ne sera qu’un aménagement de l’arsenal législatif mis en place par les gouvernements précédents avec un refus affirmé de régularisations massives et une même logique de quotas.
En pratique, celles et ceux qui ont choisi de vivre en France, y travaillent et ont construit leur vie ici, rencontrent de plus en plus d’entraves dans leur long parcours pour obtenir un titre de séjour et donc espérer une vie normale.
En plus de critères de régularisation quasi impossible à satisfaire, c’est désormais dès le dépôt du dossier que les préfectures multiplient les obstacles, empêchant ainsi l’examen des situations.
Une nouvelle arme est utilisée depuis l’année dernière : une taxe de 110€ lors du dépôt de dossier, non remboursée en cas de réponse négative, même en cas d’expulsion du territoire !
A ceci s’ajoute une augmentation sans précédent des taxes dues par des étrangers pour leur droit de séjour. Au total, il leur faut débourser 708€ pour la délivrance d’une première carte de séjour !
Ici à Montpellier, la préfecture limite par tous les moyens les plages horaires de réception du public. Elle procède désormais à des contrôles et des arrestations dans les files d’attente !
En jouant sur la peur d’être arrêté, elle tente aussi d’invisibiliser les sans-papiers en les dissuadant de déposer leur dossier.
Cette politique à courte vue ne règle aucun problème et surtout pas celui de la crise économique mais préfère s’acharner sur ses victimes, tout en favorisant la logique du tous contre tous.

La lutte pour la régularisation de tous les sans-papiers est le seul moyen d’en finir avec cette politique sans avenir qui ne génère que misère et inégalités.
Parce que la liberté de circulation est un droit fondamental !
Aucun être humain n’est illégal !

Coordination des comités de soutien aux sans papiers Montpellier  

mail: coordination-sans-papiers@no-log.org        

site: http://soutienauxsanspapiers.hautetfort.com/

Lyon: pour la défense des étudiant-e-s sans papier, réunion et pot de rentrée du RUSF

   Au mois de juin dernier et au bout d’une mobilisation collective menée par le collectif des étudiants sans papiers de Lyon, le RUSF, des associations et syndicats, une demande de régularisation collective fut déposée à la préfecture. Sur les dix proposées, seules deux ont obtenu gain de cause ; ce n’est pas assez et il y a évidemment plus de personnes en situation irrégulière et précaire

Contre la logi­que indi­vi­duelle d’examen de cas par­ti­cu­liers dans le trai­te­ment des déli­vran­ces de titre séjour par les pré­fec­tu­res qui cher­che­rait à en vider le ver­sant poli­ti­que, nous oppo­sons la mobi­li­sa­tion mas­sive et popu­laire pour per­met­tre la régu­la­ri­sa­tion de tous les sans-papiers.

Il aurait été naïf de croire que la situa­tion chan­ge­rait fon­da­men­ta­le­ment avec l’alter­nance poli­ti­que : depuis l’arri­vée au pou­voir de la gauche, les Obligations à Quitter le Territoire (OQTF) ont conti­nué d’être envoyées, les expul­sions se sont pour­sui­vies, les dis­cours sécu­ri­tai­res et racis­tes n’ont pas cessé. Le déman­tè­le­ment des camps de roms de cet été est dans la conti­nuité du dis­cours sécu­ri­taire et raciste de Sarkozy à Grenoble en 2010.

Après plus de cinq années d’exis­tence, le RUSF dénonce la dégra­da­tion cons­tante des condi­tions de vie des étudiant-e-s étrangers/ères en France. La poli­ti­que de cri­mi­na­li­sa­tion des étrangers/ères menée par l’État et les dif­fé­rents gou­ver­ne­ments, la mise en place du sys­tème Campusfrance, les limi­tes posées à l’accès au loge­ment et aux aides socia­les, l’intru­sion de la pré­fec­ture dans les déci­sions péda­go­gi­ques, l’ensem­ble des mesu­res de sélec­tion mises en place, par­ti­ci­pant à l’ins­tal­la­tion d’un climat xéno­phobe et natio­na­liste, s’oppo­sent à la réa­li­sa­tion d’un par­cours d’études serein.

Le RUSF exige que soit mis un terme à la xéno­pho­bie orga­ni­sée et tra­vaille à établir des condi­tions d’accueil dignes et une égalité des droits pour tout e-s les étudiant-e-s. Le RUSF n’aura de cesse de lutter tant que ces poli­ti­ques ne seront pas aban­don­nées. En consé­quence, nous reven­di­quons et reven­di­que­rons :
- l’égalité des droits entre étudiant-e-s fran­çais-es et étrangers/ères
- l’aban­don de la sélec­tion par les pré­fec­tu­res, Campusfrance et les consu­lats
- l’arrêt du contrôle des titres de séjour pour l’ins­crip­tion à l’uni­ver­sité
- qu’une carte d’étudiant donne droit à une carte de séjour
- le sou­tien à la créa­tion de réseaux de soli­da­rité avec les étudiants étrangers
- la régu­la­ri­sa­tion de toutes les per­son­nes sans papiers, la liberté de cir­cu­la­tion et d’ins­tal­la­tion.

Le RUSF, par ses per­ma­nen­ces et ses mobi­li­sa­tions, sou­tient les étudiants sans-papiers et entend réaf­fir­mer ainsi la voca­tion uni­ver­selle de l’uni­ver­sité : étudiants étrangers, ni sélec­tion ni expul­sion.

Pour ces rai­sons, nous invi­tons les étudiant-e-s étranger-e-s à un pot réu­nion de ren­trée le 19 novem­bre à 19h sur le campus des quais de Lyon II ( rendez-vous au 4 bis rue de l’uni­ver­sité).

La soli­da­rité est notre meilleure arme, alors venons en nombre pour lutter ensem­ble contre la xéno­pho­bie et le racisme d’État !

RUSF69 : Permanence juri­di­que les 1er et 3e lundis de chaque mois de 17h 30 à 19h à la Bourse du tra­vail, métro Guichard. rusf69@riseup.net http://rusf.org Tél. à tout moment : 06 13 42 40 07

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P.-S.

Dans les cent premiers jours d’Hollande au pouvoir et du gouvernement socialiste, l’abrogation de la circulaire Guéant fut montrée comme une rupture avec les politiques antérieures du gouvernement Fillon-Sarkozy. Bien que nous ne puissions qu’approuver une telle décision, cela reste un coup de communication politique qui ne remet nullement en cause tout le dispositif s’opposant à la liberté de circulation puisque cette circulaire ne s’adressait qu’aux étudiant-e-s étranger-e-s les plus diplomé-e-s (Master 2, Grandes Écoles), leur barrant encore plus l’accès à un emploi au nom de la « maîtrise de l’immigration professionnelle » sous fond de montée du racisme. De plus, cette circulaire ne venait que s’ajouter à l’ensemble de dispositions légales dont dispose déjà l’État pour stigmatiser et expulser les étudiant-e-s étranger-e-s.

Article de: http://rebellyon.info